Anxiété normale ou trouble anxieux: comment faire la différence ?
Publié le 27 septembre 2026
Vous avez un entretien demain et vous sentez déjà votre ventre se nouer. Toutes vos pensées tournent autour de cet évènement, vous imaginez les questions qu'on pourrait vous poser et vous savez que vous allez avoir du mal à fermer l'oeil cette nuit.
Une fois l'entretien terminé, la tension retombe, et vous reprenez votre quotidien, comme si rien ne s'était passé.
Mais parfois, l'inquiétude ne redescend pas, ou une préoccupation en remplace une autre.
Peut-être vous reconnaissez-vous dans une ou plusieurs de ces situations :
- vous avez besoin de contrôler les moindres aspects de votre journée
- vous vous sentez obligé(e) de vérifier plusieurs fois si vous avez bien fait quelque chose (fermer la porte de l'entrée, répondu à un message…)
- vous évitez les situations susceptibles de vous causer du stress
- vous avez besoin que quelqu'un vous rassure quant à une situation qui vous trotte dans la tête
Alors, à partir de quand l'anxiété devient-elle réellement problématique ?
L'anxiété n'est pas forcément un problème
Nous ressentons tous de l'anxiété.
Avant un examen, lorsque nous attendons un résultat médical ou quand une conversation importante approche, notre cerveau nous prépare à faire face à quelque chose qu'il considère comme important.
Cette réaction peut être inconfortable, mais elle est aussi utile.
L'Inserm décrit l'anxiété comme un phénomène naturel. Elle devient pathologique lorsqu'elle est forte et durable, sans rapport suffisant avec un danger réel, et qu'elle finit par perturber le quotidien.
Autrement dit, ce n'est pas le fait d'être anxieux(se) qui pose problème. C'est la place que cette anxiété finit par prendre.
Quand faut-il commencer à s'interroger ?
Imaginez deux personnes avant une présentation au travail.
La première appréhende. Elle prépare son intervention, sent son cœur accélérer lorsqu'elle commence à parler, puis la réunion terminée, elle passe à autre chose.
La seconde y pense depuis un mois.
Elle répète sa présentation chaque soir, demande à de nombreuses personnes si son travail est suffisamment bon, imagine qu'elle va perdre ses moyens et envisage même de ne pas venir le jour J.
Dans les deux cas, il y a de l'anxiété.
Mais pas avec le même retentissement.
Quelques signes peuvent vous indiquer qu'elle prend trop de place :
- vos inquiétudes reviennent très souvent et sont difficiles à arrêter
- vous imaginez régulièrement des scénarios catastrophes
- vous avez besoin que les choses se passent exactement comme vous l'avez prévu
- vous avez besoin de procéder à de nombreuses vérifications qui affectent votre manière de fonctionner (vérifier si la porte est bien fermée, vérifier que vous avez bien éteint le gaz, ou débrancher tous les appareils électriques…)
- vous avez besoin d'être rassuré(e) par quelqu'un pour retrouver votre sérénité (mais elle est toujours de courte durée)
- vous évitez certaines situations par peur de ce que vous pourriez ressentir
- votre sommeil, votre travail, vos relations ou vos loisirs en pâtissent.
Cela ne signifie pas qu'une liste de signes permet de vous diagnostiquer vous-même. Le diagnostic d'un trouble anxieux appartient à un médecin ou à un professionnel habilité.
Le cercle peut parfois s'entretenir tout seul
Une inquiétude apparaît.
Puis arrivent les « et si ? ».
Et si ça se passe mal ?
Et si je fais une crise ?
Et si j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
Votre corps se tend. Vous cherchez alors à retrouver de la sécurité : contrôler, vérifier, demander à être rassuré(e) ou éviter.
Cela vous soulage parfois quelques minutes. Puis l'inquiétude revient.
Lorsque l'anxiété revient souvent, certaines réactions finissent par s'ancrer dans votre fonctionnement presque sans que vous vous en rendiez compte : une inquiétude apparaît, votre esprit cherche immédiatement ce qui pourrait mal se passer, votre corps se met en tension et vous essayez alors de retrouver rapidement un sentiment de sécurité par un comportement de fuite (contrôler, vérifier, demander à être rassuré(e) ou éviter).
À force, ce fonctionnement peut devenir si familier que l'anxiété semble apparaître automatiquement, parfois sans raison valable. Elle s'appuie sur des réflexes qui se sont installés progressivement.
Un exercice pour mieux comprendre votre anxiété
Avant d'essayer de faire disparaître votre anxiété, commencez par l'observer.
Pendant quelques jours, lorsqu'une inquiétude importante apparaît, notez :
- Ce qui vient de se passer : une réunion annoncée, une douleur, un message sans réponse…
- Ce que vous craignez : « J'ai peur d'échouer », « j'ai peur qu'il soit fâché », « j'ai peur que ce soit grave »…
- Votre anxiété de 0 à 10.
- Ce que vous ressentez dans votre corps : gorge serrée, oppression, tension, boule au ventre…
- Ce que vous faites ensuite : vérifier, éviter, chercher sur Internet, demander à être rassuré(e), ruminer…
Puis demandez-vous :
« Est-ce que ce comportement m'a rassuré(e) durablement, ou seulement quelques minutes ? »
Vous remarquerez peut-être que certaines boucles reviennent souvent.
Et les voir est déjà une première façon de ne plus les subir automatiquement.
N'attendez pas que l'anxiété envahisse votre quotidien
Vous pouvez consulter simplement parce que vous sentez que votre manière d'anticiper, de ruminer ou d'éviter commence à vous épuiser.
En TCC, nous partons de situations très concrètes de votre quotidien pour comprendre ce qui déclenche votre anxiété, les pensées qui apparaissent et les comportements qui l'entretiennent.
L'objectif n'est pas de ne plus jamais vous inquiéter.
Il est plutôt que l'anxiété devienne une émotion parmi les autres, et non celle qui décide à votre place.
Si vous vous reconnaissez dans ce fonctionnement, vous pouvez consulter ma page dédiée à la gestion du stress et de l'anxiété. Pour un premier rendez-vous, contactez-moi via le formulaire de contact en précisant votre situation.
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